* Les aventures de Froggie et Roger (épisode 1)

Le mot du jour : bicycle (« baille-sikeul »), abbrév. Bike (« baïque ») : vélo(cipède)

Ce n’est pas pour rien qu’un auteur illustre a dit, dans un excellent article, que Cambridge était la capitale du vélo. C’est d’ailleurs statistiquement et officiellement le cas. Même que Cambridge bat Oxford dans son habitude et son amour inconditionné de la bicyclette – comme dans beaucoup de domaines, d’ailleurs : il est bien connu qu’à Cambridge on est nettement plus intelligents, cools, beaux et hype. (« On ». C‘est fou comme on devient vite chauvin ici, tout ça à cause d’une lutte des egos moyenâgeuse entre deux patelins universitaires).

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C’est un phénomène assez évident : les vélos sont partout, à toute heure du jour et de la nuit. Neufs ou, le plus souvent, vieux ou d’occasion, de montagne, de ville, avec ou sans lumières, grands, petits, BMX, rétros ou modernes, grands et imposants ou pourvus de toutes petites roues type « tricycle pour les 0-3 ans« , beaux et rutilants ou beurk et rouillés, avec ou sans panier, avec ou sans roues, attachés avec un maousse cadenas ou innocemment laissés à la disposition du passant …

Un birdy (« beurre-di »). L’objet utilitaire le plus ridicule du monde après le déboucheur ventouse.

Beaucoup de cyclistes colonisent les trottoirs, quand il n’ont pas leurs propres voies protégées des voitures, ou quand le trafic est lent, ou parce que les feux rouges c’est relou, qu’ici ça se fait et que l’usager du pédibus doit de toute manière se considérer comme le dernier maillon de la chaîne alimentaire (et non-prioritaire. Code de la route ou pas, quand un biker te fonce dedans à toute blinde, tu t’effaces). La gazette locale fait régulièrement état d’accidents entre la gent cycliste et la gent piétonne – et le sujet s’est apparemment élevé à la dignité de marronnier, aubaine pour une métropole pleine de trépidation et d’événements comme Cambridge.

Quand ils ne se suivent pas à la queue leu-leu sur le chemin d’un des nombreux collèges, les membres de l’innombrable troupeau de vélos doivent se garer quelque part, si possible à côté de leurs congénères, en attendant leur propriétaire. Parfois ils ont bien du mal à se trouver de la place, que ce soit parce que les emplacements prévus soient déjà bondés, ou parce que l’endroit leur est interdit. Bien des bâtiments affichent un  panneau hostile à leur attention. Le respect desdits panneaux, c’est une autre histoire.

Flagrant délit de foutage de gueule.

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The Wonderful Adventures of Froggie and Roger

Word of the day: bicycle

It’s no wonder that an illustrious author claimed in an excellent article that Cambridge was a capital of bicycles. It’s even an official, statistically proven fact. Cambridge even beats Oxford in its unconditional love for cycling – as in many other fields, by the way: it is a well-known fact that we, Cambridge people, are much more intelligent, cool, beautiful and stylish. (« We« … It’s amazing how quick you become jingoistic here, just because of a medieval war of egos between the scholars of two godforsaken holes).

It’s a fairly obvious phenomenon: bikes are everywhere, at every time, night and day. Sometimes new, but more often that not old or second-hand, made for mountainous or urban terrains, with or without lights, big, small, BMXs, vintage or modern, large and impressive or equipped with tiny-winy wheels reminiscent of tricycles for 0-3 toddlers, nice and shiny or ugly and rusty, with or without a basket, with or without wheels, attached to some railing with a jumbo lock or innocently left against a wall for the passer-by to pick them up…

A birdy. The most ridiculous object on earth after the plunger.

Many a cyclist colonizes the pavement, when they don’t have their own lanes or when traffic is slow, or because traffic lights are a pain in the neck, and because everyone does it here and anyway pedestrians should consider themselves to be the last link in the food chain (and they don’t have right of way. Highway code or not, when a cyclist rushes at you at full speed, you move aside). The local newspaper regularly reports accidents involving the cycling and the walking species – and apparently this issue has become a bit of a traditional filler, a windfall for the journalists of an eventful and restless metropolis such as Cambridge.

When they are not heading in Indian file for one of the various colleges, the members of the herd of bikes have to park themselves somewhere, if possible next to their congeners, to wait for their owners. Sometimes they have much trouble finding a place, either because the racks are already crowded, or because the spot is forbidden for them to stay. Many buildings have a hostile ban sign intended for them. But whether said bans are respected or not is another kettle of fish.

F*** da police (offender caught red-handed)

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