Les classiques à toute vitesse (1ère partie)

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Qui a peur du grand méchant Pléiade ?

Aujourd’hui, pour changer des merveilleuses aventures de Froggie au Pays des Bifsteks, on va causer bouquins. Attention, vous allez booster votre culture G en un temps record !

Vous n’avez pas le temps de lire. (En ce moment, ou peut-être est-ce même un état chronique). C’est simple, vous vous levez, avalez un café, sautez dans une voiture, un bus ou un métro pour aller au taf, pause casse-croûte éclair, retour chez soi et … la journée se termine ; la fatigue s’abat déjà sur vos paupières lasses. Au mieux vous flinguez ce qui vous reste de neurones devant votre ordi ou une rediff’ de Plus Belle la Vie, au pire vous allez directement au pieu.

Ce n’est pas que vous n’avez pas envie de lire, ça non. C’est juste que vous auriez besoin de plus de 24 heures par journée pour y arriver. Ou d’une fonction « recyclage » ou « reboot » dans votre cerveau. Ou d’un double qui ferait le sale boulot pendant que vous vous culturez et que vous vous faites les ongles.

L’avez-vous senti ? (« Quoi ? » répondez-vous).

Non, pas l’odeur de brûlé. D’ailleurs …. Oh p*** mon gratin de courgettes !!!!!!!

(Hmm. Ce soir, ça sera livraison de pizza.)

Non, je parlais de cette pointe de culpabilité qui vous irrite l’âme – tel un gravillon dans votre auguste chaussure … de cette gêne latente qui pendant certaines conversations vous traverse : elle est directement liée à la conscience que vous auriez dû lire tel ou tel livre depuis au moins dix ans, ou que vous devriez tout simplement côtoyer davantage le monde merveilleux des livres.

A l’intention des plus désespérés parmi mes amis « insuffisants lecteurs » (catégorie à laquelle j’ai l’honneur d’appartenir), j’ai commencé à réécrire quelques grands classiques sous une forme abrégée. Finis les résumés longs comme un jour sans pain : ceux-ci, au nombre de dix, font tous exactement 30 mots (les laborieux pourront s’amuser à compter).

*

  • Mme Bovary (G. Flaubert)

Une jeune fille, lectrice naïve fraîchement sortie du couvent rêvasse, s’envoie en l’air et dépense avec excès. Elle se tue, au grand dam de son benêt de mari.

  • Phèdre (J. Racine)

Thésée trucide son fils via un monstre marin, croyant qu’il draguait son épouse. Surprise, c’était l’inverse ! Phèdre avoue, puis rejoint Oenone, Hippolyte et sa fiancée chez Hadès.

 

Phèdre

 

 

  • Orgueil et Préjugés (J. Austen)

Cinq filles à marier : l’aînée vit finalement une idylle, la benjamine s’enfuit avec un voyou, une des cadettes déteste puis épouse un prétendant cru orgueilleux. Intrigue à gogo.

  • Sur la Route (J. Kerouac)

Durant un road trip aux Etats-Unis, Sal mène une vie débauchée, copinant avec moult camés et alcooliques – dont Dean, un cinglé qui fume frénétiquement du « thé » entre deux déboires sentimentaux.

  • Don Quichotte de la Mancha (M. de Cervantès)

Un pauvre hidalgo gavé de romans prend gueux pour écuyer, haridelle pour fier destrier, auberges pour châteaux, péquenaudes pour dulcinées, moulins pour géants et vessies pour lanternes. Il meurt guéri.

  • L’Odyssée (Homère)

Ulysse erre en Méditerranée, de nymphes en monstres, pendant dix ans. Son fils le cherche, sa bourgeoise tisse. Le héros, une fois rapatrié, fait le grand ménage dans son palais.

Ulysse zigouillant un cyclope.

« Prends ça, vil maraud ! »

  • Voyage au Bout de la Nuit (L-F. Céline)

Bardamu perd son innocence au combat, tombe malade au Congo, vit en marginal aux States, soigne les pouilleux à Rancy. Robinson, qui le suit partout, meurt dans une fête foraine.

  • La Chanson de Roland (Turold ?)

Ganelon, beauf’ de Charlemagne, trahit Roland, qui, attaqué par les Sarrazins, s’éclate les tempes en soufflant dans son cor. Charlemagne aidé par Dieu décime les Maures. Ganelon est écartelé.

  • Les Souffrances du Jeune Werther (J. W. von Goethe)

Werther convoite Lotte, promise à un autre. Il fuit, tâche de se rabattre sur une autre femme. En vain. Il revient tenir la chandelle auprès du couple marié. Souffrance ; suicide.

"Argh, je souffre ! - T'inquiète, on reste amis !"

« Aaargh, je souffre !
– T’inquiète Werthouille, on reste amis ! »

  • L’amant de Lady Chatterley (D.H. Lawrence)

Connie épouse un intello handicapé. En mal de mâle, elle tombe amoureuse du garde-chasse. Ils forniquent régulièrement dans une hutte. Grossesse. Rumeurs, scandale, projets de divorce et de vie champêtre.

La cabane au fond du jardin des Chatterley.

La cabane au fond du jardin des Chatterley.
Interdit aux moins de 18 ans.

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