Petit guide de survie à l’usage des non-anglophones

Dur dur, pour un Frenchie, de se rendre pour la première fois en Angleterre. Outre le dépaysement géographique, culturel, météorologique, et le danger permanent de se faire écraser par une voiture dans un moment de distraction (cause d’accident n°2 des continentaux en Angleterre, après l’intoxication au pudding), il y a évidemment l’obstacle ultime de la langue.

assimil

« Ouais, mais aujourd’hui tout le monde parle anglais », me direz-vous. FAUX ! Et ceux qui ont eu l’héroïsme de choisir l’allemand et le portugais en langues vivantes ? Et les vieux qui n’ont pas, comme les plus jeunes générations, baigné dans un bouillon de culture anglo-saxon ? Je passerai sur le cas des anglicistes qui étaient trop occupés à confectionner des sarbacanes pendant les cours pour retenir quoi que ce soit du prétérit ou du fonctionnement des adjectifs. Enfin, outre les situations précédentes, tout le monde ne parle pas anglais. Une majorité de personnes comprend vaguement, et baragouine quelque chose qui s’approche de l’anglais, le plus souvent avec un accent tellement prononcé qu’on se demande s’elles ne sont pas en train de s’auto-parodier.

Mais passons, aujourd’hui je m’adresse aux cas les plus désespérés ; ceux qui vraiment se sentent en Angleterre comme au fin fond de la Chine profonde.

gné

Quelques-unes des expressions les plus utiles ont été recensées pour leur permettre de s’en sortir dans les situations courantes.

*

  • Saluer le Britiche et se présenter : « Haie-lau, maille nem iz Charles-Henri. »
  • Briser la glace : « Maille teïlore iz ritche; »
  • Parler de la météo : « Oh, it iz reïninngue euguène. » [Pour une conversation plus détaillée, se reporter à la chanson de Rihanna, « Umbrella »)
L'art du "small talk" en Angleterre

L’art du « small talk » en Angleterre

  • Faire sa commande au restaurant : « Aïe ouile tek a soufflé, julienne ènnde choux à la crème, plize. »
  • Faire un scandale au restaurant : « OUATE ? Iou donte seurve blanquette de veau hire ? Aïe ame livinngue zisse restaurant streïte euh-weille ! »
  • Signaler une allergie alimentaire à son amphitryon : « Nau auffennse, beutte aïe ame allerdjique tou djelli. »
  • Faire état de son incompréhension auprès de son interlocuteur : « Sauri,  beutte aïe dideunnte eundeurstennde. Coude iou ripitte, pliz ? » (répéter jusqu’à compréhension du segment difficile, ou jet d’une théière à motifs floraux de la part de votre interlocuteur – signe d’agacement à prendre en compte)
  • Conter fleurette à l’Anglaise : « Iou have biotifoule aïe’z, iou neau zatte? Variante : “Dou iou live wize ioure parentse ?”
  • Eloigner un individu déplaisant : « Phoque auffe ! »
phoque_hawai_cc

Le phoque : partenaire officiel de l’insulte en anglais depuis 1535.

  • Exprimer sa joie devant le succès footbalistique de son équipe de prédilection : « Gôôôôôôôôle ! »
  • Demander de l’aide :

après une soirée bien arrosée : « aikskiouze mi seurre, aïe ame kommplitli dreunnque ennde lauste, coude iou plize bi seau kaïnnde as tou tek mi tou ze nireuste taxi ? »

– après un accident : « aikskiouze mi madame, aïe djeuste gautte reunne oveurre baille euh karre, woude iou maïnd kôlinngue âne ambulance, pliz ? » (si vous êtes dans l’incapacité de prononcer clairement cette phrase, « ambulance » ou quelques râles devraient suffire)

  • Exprimer un profond désarroi métaphysique : « Toubi or note toubi. Zatte iz ze kwouestcheune. »
Je la tire ou je la pointe ?

Je la tire ou je la pointe ?

  • Prendre congé avec humour : « Scie iou leïteurre, aligueïteurre ! » (ce à quoi votre interlocuteur hilare devrait répondre : « inneu ouaïle, krokodaïle »)

Encore une fois – je m’adresse toujours aux cas désespérés qui se trouvent dans la nécessité de se rendre à la perfide Albion – pas d’angoisse, si malgré vos efforts d’expression et les efforts de compréhension de votre interlocuteur celui-ci ne pige toujours pas (vous gratifiant d’un « sauri » ou pire, d’un « OU-HOTTE ??? »), rien ne vaut le langage des signes. Ou, si vous avez un bon coup de crayon, pourquoi ne pas communiquer en Pictionary – ça détendra tout le monde – ?

Publicités