Soussi teknique

Sher ordinateur,

Toi et moi … une si longue, et si intense histoire …
Ensemble, nous avons tout véku. Les heures interminables à la bibliothèque, les appels et tshats par skype, les reshershes dokumentaires, les kours les plus kaptivants, les visionnages de séries amérikaines lors des longues soirées d’hiver blotties sous la kouette …

Kompagnon de mes jours et de mes nuits, j’avais konfianse en toi. Mais hier, pour la première fois, tu m’as fait défaut. Il me fallait de toute urgense rédiger et envoyer la dernière partie de mon mémoire. J’avais akumulé un sertain retard et shaque minute komptait. Tout d’un koup, tu as fait mine de ne plus m’entendre. J’ai eu beau m’asharner, t’épousseter, t’analyser, te nettoyer, te redémarrer, prier, pleurer, rien à faire : les toushes « sé », « ikse » et « un » de ton sher klavier ont sessé de me répondre. Sourdes à mes plaintes plus qu’un gros kapitaliste du tekstile à ses ouvriers shinois.

Je sais bien, eksellente mashine, que parfois je ne t’ai pas traité comme tu le méritais. Je t’ai baladé un peu partout dans mon sak (pas toujours avek ménagement), je t’ai bien souvent laissé en veille au lieu de t’éteindre, je t’ai maudit mille fois quand tu étais trop lent à mon goût, peut-être aussi n’ai-je pas assez fait attention au nombreu virus qui menassent sans sesse de t’envahir. (Et puis j’aurais dû, déssidément, kasser la figure de sette krushe qui t’a envoyé valser à terre avek son gros Q en passant devant moi dans l’amphi).

Mais vraiment, me lâsher la veille d’un jour si important ? Quel genre de blague était-se ? Kroyais-tu que sela allait m’amuser, de kopier koller les lettres kondamnées ? Ou peut-être pensais-tu que je me prêterais à quelque jeu oulipien à la Georges Perek ?

Tu l’auras voulu, demain je te konfierai au mains ekspertes d’un réparateur. Puisse-t-il egzaminer ton klavier et ton koeur, soigner tes sirkuits et tes shagrins, réparer ton système et tes états d’âme de mashine susseptible. Mais s’il te plaît, sesse de bouder, et attends un peu avant de me klamser entre les mains.

Sakrée békane.

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